« Les chevaliers et les dames reçoivent l’investiture conformément au Cérémonial pour l’investiture des chevaliers de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, approuvé par la Sacrée Congrégation des rites le 25 juillet 1962 » (article 11 des statuts de l’Ordre) et plus récemment par la Congrégation pour le culte divin le 17 juin 1986. Ce cérémonial, dit d’adoubement pour les hommes laïcs, est un rite militaire et liturgique d’origine médiévale que seul l’ordre du Saint-Sépulcre pratique encore.

Au plan religieux, il relève « des sacramentaux, qui sont des signes sacrés par lesquels, selon une certaine imitation des sacrements, des effets surtout spirituels sont signifiés et sont obtenus par la prière de l’Église. Par eux, les hommes sont disposés à recevoir l’effet principal des sacrements, et les diverses circonstances de la vie sont sanctifiées » (constitution Sacrosanctum concilium, 1963, n° 60). L’objet des sacramentaux est donc le même que celui des sacrements : l’action de la grâce dans la vie des fidèles.

Mais leurs effets sont indirects : si l’efficacité des sacrements, institués par Jésus-Christ lui-même, « provient surtout et avant tout de l’action elle-même qui est accomplie (ex opere operato) », celle des sacramentaux, institués ensuite par l’Église, « provient surtout de l’action de l’Église qui l’accomplit (ex opere operantis Ecclesiæ), en tant qu’elle est sainte et étroitement unie à sa Tête dans son activité » (encyclique Mediator Dei, 1947).

« Parmi les sacramentaux figurent d’abord les bénédictions (de personnes, de la table, d’objets, de lieux). (…) Certaines bénédictions ont une portée durable : elles ont pour effet de consacrer des personnes à Dieu et de réserver à l’usage liturgique des objets et des lieux. Parmi celles qui sont destinées à des personnes — à ne pas confondre avec l’ordination sacramentelle — figurent la bénédiction de l’abbé ou de l’abbesse d’un monastère, la consécration des vierges, le rite de la profession religieuse et les bénédictions pour certains ministères d’Église (lecteurs, acolytes, catéchistes, etc.) » (Catéchisme de l’Église catholique, 1992, n° 1671-1672).

À cette liste ouverte s’ajoute notre adoubement. Ses effets spirituels sont renouvelés pour ceux qui persévèrent dans leur engagement. En effet, les chevaliers et les dames investis dans l’Ordre « acquièrent les faveurs spirituelles concédées à l’Ordre par les souverains pontifes et précisées dans l’annexe I » des statuts (article 11), c’est-à-dire « l’indulgence plénière aux membres précités, qui l’auront acquise aux conditions habituelles (confession, communion et prière aux intentions du souverain pontife), qui prononceront ou renouvelleront, même en privé, leur promesse de servir fidèlement les statuts de leur Ordre, aux jours des fêtes suivantes :

« 1. Au jour d’admission ;

« 2. Aux jours des fêtes :

« - Bienheureuse-Marie-Reine-de-Palestine (22 août),

« - Exaltation-de-la-Sainte-Croix (14 septembre),

« - Saint-Pie-X (21 août),

« - Sainte-Hélène (18 août). »

Mais a contrario, renier explicitement ou implicitement cette promesse ne peut donc que stériliser spirituellement l’adoubement reçu, et mettre en question l’appartenance même à l’Ordre. En effet, si la portée des sacramentaux peut être définitive (mais pas toujours : par exemple, le bénédicité ne porte que sur le repas qui suit), l’exercice des charges afférentes ne l’est pas nécessairement. Dans le cas de notre adoubement, si la qualité de chevalier conférée par l’Église peut être définitive devant Dieu, en revanche, l’appartenance à l’Ordre en tant qu’institution humaine peut ne pas l’être.

L’article 51 des statuts prévoit ainsi expressément la « révocation d’appartenance à l’Ordre » parmi les mesures disciplinaires que peut prendre le Cardinal Grand Maître.

Un membre de l’Ordre peut aussi démissionner, et le formulaire de rapport annuel des lieutenances au Grand Magistère prévoit une rubrique à ce sujet : trois d’entre nous l’ont fait en 2013. Depuis quelques années, chaque impétrant signe d’ailleurs lors de son admission un engagement selon lequel, dans certains cas extrêmes (mais non d’école), il autorise « dès maintenant la Lieutenance à considérer la présente comme [sa] renonciation à l’appartenance à l’Ordre, par démission volontaire (…), étant parfaitement conscient que ces éventualités [le] rendraient indigne d’appartenir à l’Ordre. »

Sachons donc mesurer l’exacte portée du sacramental reçu par notre investiture dans l’ordre du Saint-Sépulcre : il ne porte de fruits spirituels que pour autant que nous restons fidèles à nos promesses, et il n’a de définitif que l’engagement que nous avons alors pris librement.

Pierre Jaillard.
Chancelier.
Gazette tolosane, n° 11, avril-juin 2014.

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